
Le WAD c’est un magazine trimestriel épais comme un catalogue Ikea vendu à travers le monde, considéré comme un des magazines émergents et indispensables dans le milieu de la mode.
WAD, c’est un concentré des dernières tendances urbaines où tout est possible. C’est un sujet de philosophie sur la mode actuelle où toutes les réponses sont bonnes tant que l’argumentation est de qualité.
Pour ma part, les exemplaires que je garde sont tous cornés, tâchés de traces de cafés et d’huile, ondulés par l’humidité, parfois déchirés en raison des nombreux voyages que je leurs fait subir en moto sous la pluie pour m’attarder aux terrasses de cafés. Je leur ai consacré des créneaux horaires improbables, parfois en cachette. Pourtant ceux de Mathieu sont intacts…

Rendez-vous dans le 10ème, quartier étonnant pour un magazine tendance me dis-je avant de découvrir les bureaux de la rédaction.
Situé dans une ancienne imprimerie divisée en deux étages, cet endroit ressemble à un grand terrain de jeu pour grands enfants créatifs.
Dès le pas de la porte, on se retrouve devant un magnifique bar à l’américaine avec des tabourets couleur rouge à lèvres.
Le tout décoré d’éléments vintage provenant directement des Etats-Unis. À gauche un canapé fait de l’arrière d’une véritable Cadillac des années 60 annonce la couleur.


Il faudrait passer une journée entière pour visiter correctement ce magot d’objets intemporels, dont les tables de travail sont enfouies sous des tonnes de maquettes, de test Pantones, de photos et de gadgets en tout genre.
Je n’ose pas imaginer la chute de tension qu’aurait une femme de ménage en voyant ce caprice artistique.

WAD c’est aussi l’histoire de deux copains, Bruno Collin et Brice Compagnon tous deux implantés confortablement dans la mode.

Bruno travaillait pour de grands magazines féminins tandis que Brice s’occupait de castings pour des marques branchées. C’est un été de 1998, sur une plage d’Ibiza que l’idée du WAD naît. Tout se déroule un peu comme dans les reportages de Capital, où sont présentés les chefs d’entreprises qui commencent dans un 30m2 avec une idée ambitieuse souvent contrediîe et qui aujourd’hui trônent dans de somptueux bureaux. Ça tombe bien, Bruno a participé à 6 reportages de l’émission d’Emmanuel Chain !


En 1998, Bruno sent que la mode urbaine est en pleine croissance, mais les magazines ne suivent pas son intuition. Sur un coup de tête, Il décide de lancer son premier exemplaire d’une centaine de page dont 37 publicitaires, financés par G-Star, Energie et Diesel, aujourd’hui leaders sur le denim.
La principale difficulté était d’éditer un magazine sur les tendances urbaines sans être assimilé au «street » et aux magazines « gays ».

C’est presque sans surprise pour lui que le premier numéro rencontre un succès fulgurant puisqu’il tombe en rupture de stock dès la première semaine de parution.
25 000 magazines supplémentaires sont imprimés.
Bien sûr Bruno est un véritable personnage, aussi caractériel que ses parutions. Certaines publications ont d’ailleurs fait fuir des annonceurs.
« Ce n’est pas choquer, c’est montrer la vie ».
Je vous conseille d’ailleurs de vous procurer les hors séries « forbidden » vendus sous blister et interdits aux mineurs.
Les chemins du WAD et de Blographic se sont croisés pour collaborer sur le salon du très attendu Bread & Butter Barcelona où seront exposés et vendus aux grandes compagnies les vêtements de la saison estivale 2008. Nous serons conviés dans le village français en compagnie de marques telles que J.C De Castelbaljac, Kulte, KannaBeach, Bill Tornade et bien d’autres pour couvrir le salon et vous le présenter dès mercredi !


Réaction de Vincent
le 2 juillet 2007
félicitations ! Celà s’annonce passionnant !