Alexander McQueen : Notre Hommage (1)

On aurait pu se contenter de faire une rapide biographie, de revenir sur les moments les plus mémorables de son existence.
On aurait pu vous parler de ses défilés où romantisme et provocation étaient les maîtres mots.
On aurait pu vous raconter la fois où il a envoyé sur le podium une mannequin handicapée avec des jambes en bois, ou encore la fois où il a créé un hologramme de Kate Moss pour son final.
On aurait pu évoquer aussi les traitements qu’il infligeait aux mannequins, en les faisant marcher sur un sol inondé, en leur faisant pleuvoir dessus, en les encerclant de feu, ou en demandant à deux robots industriels de les peindre.

Il y avait ces collections avec des thèmes proches du scandale, la violence de sa vision envers les femmes a été, à tort, assumée.
Il a fait des manteaux en cheveux humains, des corsets en squelette, a mis des animaux empaillés et vivants au bord de ses catwalks.
Il a critiqué l’industrie de la mode à sa manière, comme quand il a crée un décor de défilé où avant qu’il ne commence les personnes assises au premier rang voyaient leur reflet plein de vanité dans une glace sans tain.
Il était un génie qui mettait tout le monde d’accord. Toutes ces choses, d’autres en ont parlé, et surement bien mieux que nous aurions pu le faire.
Chez Materialiste on a préféré revenir sur une partie de son travail qui est resté et reste toujours méconnue, ses collections hommes. Elles bénéficiaient certes de mises en scène moins impressionnantes et choquantes que ses collections féminines mais le contenu n’en reste pas moins fantastique.
En trois parties au cours de la semaine à venir on reviendra sur chaque collection Alexander McQueen par Alexander Lee McQueen.
Ne nous faîtes pas dire ce qu’on n’a pas dit : Sarah Burton fait un travail de succession merveilleux, mais il n’y avait qu’un Alexander.
Printemps Ete 2005 (Milan – 28 Juin 2004)
Pour sa première collection hommes Alexander McQueen mélange des techniques de coupes apprises lors de ses stages sur Savile Row à des inspirations militaires et tribales.
On y voit des calots, des combinaisons de parachutiste, des harnais en cuir qui enserrent certaines vestes mais le designer adoucit cette dureté avec des matières légères, des broderies orientales et des jets de couleurs acides.
Un mannequin est peint en bleu pour rappeler un génie, un autre porte un short cargo camouflage par dessus un legging imprimé comme un tatouage au henné, il y a des capes en soie, des leggings en sequins et du plaid. Une approche orientale et poétique du soldat, du guerrier tribal, à travers un ensemble qui reste éclectique mais sonne, malgré tout, juste.
Automne Hiver 2005-2006 (Milan – 19 Janvier 2005)
Inspiré des gangs à travers les siècles et notamment de deux films, La Haine de Mathieu Kassovitz et La Reine Margot de Patrice Chereau, Alexander McQueen approche le sujet sans avoir peur des stéréotypes qui pourraient faire scandale. Il envoie des mannequins noirs portant des bandanas qui suggèrent les gangsters de la côte ouest américaine, à l’image du rappeur TuPac. Les cheveux sont impeccablement plaqués en arrière, clin d’oeil à la mafia.
Il montre des coupes amples à l’influence streetwear mais joue sur la confusion des sexes en les agrémentant de sequins ou de strass. Les références religieuses sont frappantes, qu’elles soient explicites comme le motif sur un débardeur en dételle ou implicite avec les étoles brodées et la couronne d’épines. On voit une certaine modernité, dans les perfectos en cuir, amples ou étriqués, la fourrure, des vêtements évoquant des hooligans de luxe.
McQueen présente aussi des pièces un brin bling bling, avec des bijoux et des blousons tape à l’oeil, Rick Ross aurait pu être au premier rang.
Le créateur avance encore plus dans le temps en proposant une idée des gangsters du futur, via l’image du clown, en faisant défiler des imprimés psychédéliques. Les hommes de cet hiver-là ont envie d’en découdre, McQueen cherchait il a régler ses comptes?
Printemps Ete 2006 (Milan – 28 Juin 2005)
Ce défilé intitulé «Killa» qui s’inspirait de l’adaptation cinématographique par Peter Brook du roman de William Golding «Lord of The Flies» donna lieu à une véritable mise en scène. On assiste à la progression dans le temps des personnages, un groupe d’écoliers à l’innocence pure littéralement parachutés (cf. décor du défilé) sur une île déserte dans leur costumes blancs immaculés.
Au fil du défilé, un processus de déconstruction se met en place et les ensembles se desserrent, les chemises s’ouvrent, les cheveux s’ébouriffent. On se laisse aller, on voit défiler des inspirations marines et orientales, pour finir sur une créatures maquillée, déboussolée, un sauvage, un ‘killer’.
Toujours des broderies d’orfèvres, la touche romantique d’Alexander McQueen. La fin vient avec la transformation totale vers l’animal, un oiseau noir, symbole de la vision pessimiste de la race humaine.
Automne Hiver 2006/7 (Milan – 17 Janvier 2006)
Coup de maître pour ce défilé car la diversité des sources d’inspirations, Jack l’éventreur (cf. la lune rouge), Oliver Twist, Dracula, les broderies coréennes, aurait pu donner naissance à une collection dépourvue de toute direction, partant dans tout les sens, mais ce n’est pas le cas.
Alexander McQueen arrive à regrouper ces influences diverses dans un seul thème: sa vision de l’enfer. Une ambiance inquiétante règne, soulignée par des allures mystérieuses, des regards cachés sous les bords larges des chapeaux.
McQueen explore les vêtements traditionnels baltiques et les influences du vestiaire des aristocrates anglais du début du XIXe siècle. On voit des blouses en soie, des pièces aux décorations baroques, des fourrures posées nonchalamment sur les épaules, du plaid agrémenté de splendides broderies.
Certaines silhouettes sont gainées par des grosses ceintures en cuir, notamment cette superbe veste de cuir. Il faut, encore une fois, souligner la qualité du tailoring, surtout dans la dernière partie du défilé qui présente les smokings, très révélateurs de l’inspiration vampirique. Rien de rassurant ici, c’est du McQueen pur.
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Printemps Ete 2007 (Milan – 27 Juin 2006)
Rupture totale par rapport à la précédente collection qui le montrait austère



















































c’est magnifique!!!
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