Alexander McQueen : Notre Hommage (3)

Alexander McQueen : tribute

Printemps Ete 2009 (Milan – 22 Juin 2008)

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Alexander McQueen met à l’honneur le corps de l’homme dans cette collection, le corps d’un homme moderne, pas celui des mannequins aux dires du créateur. Il est évident que cette vision est légèrement efféminée, mais quelle harmonie ! C’est une véritable ode à l’anatomie masculine, les costumes accentuent la silhouette avec des épaules fortes, des tailles renforcées et des manches resserrées en jersey.

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Les matières légères, presque flottantes, flattent la musculature, tout comme les figures géométriques des chemises, des t-shirt ou des blazers. Alexander McQueen crée une symétrie parfaite des chairs, et n’est ce pas la symétrie qui est l’essence de la beauté? On pourrait appeler ce style le graphisme anatomique.

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Le créateur s’enfonce encore plus dans le corps en représentant des structures osseuses, sous forme d’imprimés en fumée ou de plaques métalliques appliquées sur un t-shirt. L’ensemble fait très techno pop des années 70, très David Bowie, tout en conservant son habituelle forte connotation sexuelle.

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Sur une touche plus légère, remarquons, malgré une palette de couleurs simple composée d’ocre, de beige, de gris et de crème, l’attention particulière portée aux détails : ici une pochette à pression sur un blazer, là une fine ligne orange sur un pantalon. Cette collection est loin d’être simple, par son extrême sophistication même si elle défilait encore aujourd’hui, elle serait encore avant-gardiste.

Automne Hiver 2009/10 (Milan – 19 Janvier 2009)

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Après son défilé hyper-sexué-pop de la saison précédente Alexander McQueen explore cette fois une autre manière de mettre la virilité et la puissance de l’homme à l’honneur. Il tire son inspiration (s’inspire?) du boxer du XIXème siècle à qui l’ont doit la règle de Queensbury qui codifia les combats. L’ambiance d’une rue sombre londonienne saute évidemment aux yeux, par les lampadaires mais surtout les costumes d’une précision anatomique remarquable, les chaînes, et les chapeaux, une véritable ode à Savile Row. Mais cette ambiance aristocratique de dandy anglais transpire le sexe, avec des tabliers de cuir, des caleçons rembourrées évocateurs, et cette canne chargée de symbolique.

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Une autre des façons de représenter la virilité selon McQueen est d’imposer une vision de la menace, avec des regards dissimulés sous le revers d’un chapeau, de lourds manteaux imposants, de grosses maillées posées sur les épaules et les éternelles cagoules. Certaines pièces ou silhouettes peuvent paraître un peu reprises des précédentes collections mais l’ensemble est, encore une fois, une réussite.

Printemps Ete 2010 (Milan – 21 Juin 2009)

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Pour cette saison Alexander McQueen ne fera pas de défilés, seulement une présentation, mais la qualité de la collection fait regretter ce choix dont peu connaissent les raisons. Les coupes impeccables des costumes demeurent mais elles ne sont qu’un support pour des envolés artistiques : imprimés psychédéliques futuristes, décorations baroques, jets de peintures ou traces de mains.

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C’est le bleu de travail des grands maîtres, Picasso, Dali ou Matisse. Alexander McQueen repasse les coutures avec un pinceau pour créer un faux effet trompe l’oeil, oui, il crée l’illusion d’une illusion. Le jean délavée, la toile usée, la peinture qui a coulée, un foulard nouée, c’est l’artiste contemporain dans son loft new-yorkais, aussi cliché que ce soit.

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Ces pièces qui paraissent venues d’un autre monde avec leurs imprimés hallucinants méritent d’être retenues et, encore une fois, McQueen prouve qu’il est plus qu’un créateur de mode.

Automne Hiver 20010/11 (Paris – 18 Janvier 2009)

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Première collection qui ne montre pas l’homme en position de supériorité. L’analyser maintenant, en sachant ce qui est arrivé à Alexander McQueen quelques temps plus tard, devient alors particulièrement troublant. Ses mannequins ont une démarche lente, hésitante, presque déboussolée. Cette profusion d’imprimés, que ce soit chinés, éclaboussés de peinture ou géométriquement dessinés, prend alors un tout autre sens.

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Surtout ceux rappelant des végétaux, comme si peu à peu le mannequin, l’homme McQueen, se faisait manger, ronger par la nature, par son environnement. Les manteaux, tout en évoquant une certaine solidité, restent très fluides, ce ne sont plus des armures, comme dans les collections précédentes. On a du mal sur certaines silhouettes a distinguer le vêtement du décor du défilé, certains évoquent un caméléon, avec un regard rétrospectif peut être était-ce les premières manifestations de la détresse du créateur, qui se sentait grignoté par la masse, le monde et l’industrie de la mode qu’il détestait tant..

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Le thème du défilé étaient tous ces hommes, explorateurs et navigateurs, qui essaient chaque jour de survivre dans des conditions extrêmes. Ayant vu ce que McQueen avait su faire à partir de thèmes tels que les peuples indiens ou les gangs, la force et la flamboyance avec lesquelles il avait abordé ces univers, le voir s’enfermer dans une telle mélancolie pour une inspiration si puissante paraît bizarre. Il est évident que tout cela aurait été impossible à discerner au moment du défilé, mais, avec le recul, on peut croire à un début d’éclaircissement. Attention, la collection n’en reste pas moins superbe, il atteint une harmonie qui parait impossible entre l’immense variété d’imprimés, tous aussi époustouflants les uns que les autres. L’énorme coup de cœur ? Le pull en grosse maille à capuche en fourrure avec tête de mort !

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Julien Neuville

JULIEN NEUVILLE, Rédacteur Style

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Paris, Materialiste + Business of Fashion.


UNE RÉACTION

  1. Julien Neuville » HOMMAGE ALEXANDER LEE MCQUEEN a commenté, le 20 mai 2012 à 10:45

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