Conversation : Dexter et Byron Peart, fondateurs de Want Les Essentiels de la Vie

Byron et Dexter Peart redéfinissent depuis quelques années la bagagerie et maroquinerie masculine avec Want Les Essentiels de la Vie, un concept simple mais intelligent.
En plein essor de la mode homme, les voilà tout droit sortis de leur Canada natal proposant des produits sobres, élégants et d’une qualité indéniable dont le but est de faciliter la vie quotidienne des hommes actifs.
Des poches idéalement placées, des dimensions réfléchies au millimètre, un design intemporel, une alliance de beauté et fonctionnalité qui séduit de nouveaux clients à chaque saison. Ils sont vendus dans les plus prestigieuses boutiques du monde, du Bon Marché à Barneys New York en passant par Opening Ceremony et MrPorter.
Après avoir discuté avec eux il y a quelques semaines dans un bar bruyant du Marais, une chose est sûre, ils ne vont pas s’arrêter là…



Comment êtes vous arrivés dans la mode ?
On a toujours eu envie de travailler dans ce milieu parce que c’est une industrie qui change toujours.
Nous avons une formation en business et on apprécie le fait qu’à travers nos différentes activités on puisse utiliser notre côté commercial mais aussi nos esprits créatifs.
On approche le marché en voulant créer non seulement des produits qui sont beaux mais aussi des produits qui se vendront.
Votre agence Want existait depuis bien longtemps, vous étiez dans la mode depuis une demi douzaine années et d’un coup vous voilà en train de lancer un label, quel a été le déclic ?
C’est plus un processus qu’une envie soudaine. D’abord il y a eu l’agence de distribution et Want Stills la boutique créée après un voyage en Suède et une rencontre avec les gars d’Acne. Want comme ensemble d’entreprises ça existe depuis onze ans mais Want Les Essentiels de la Vie seulement depuis cinq à six ans.
On réalise que ça peut être beaucoup de formats d’entreprises ‘Want’. C’est les sacs maintenant, c’est l’agence, c’est la Want Apothecary mais c’est toujours le même esprit, le même désir.

Donc vous pourriez encore étendre votre gamme ?
Oui absolument !
C’est prévu ?
Rien n’est fixé.
Mais vous en avez envie…
Oui nous en avons envie. Mais pour le moment, dans le marché de l’accessoire et de la bagagerie que nous exploitons il y a encore beaucoup à faire! Nous voulons être les meilleurs dans ce domaine avant d’attaquer autre chose. On veut aussi développer notre boutique Want Apothecary. La grosse nouveauté vient de l’agence, nous travaillons à partir de maintenant avec Maison Kitsuné et nous dirigeons son développement en Amérique du Nord.

Donc vous supervisez leur lancement à New York ?
Oui, exactement.
C’est prévu pour quand ?
Printemps 2012. On a déjà commencé à travailler avec eux et c’est vraiment une opportunité fabuleuse ! C’est une marque qu’on adore et des gens qu’on apprécie énormément.
Pour revenir à Want Les Essentiels de la Vie, c’est quoi les prochaines étapes ?
On veut toujours conquérir plus de boutiques. Mais l’Asie est sûrement notre plus gros défi actuel.
N’est-ce pas compliqué pour une marque comme vous, sobre et discrète, de s’imposer sur le marché asiatique où les consommateurs raffolent de logos et autres monogrammes européens ?
Si, mais c’est un marché qui change. Il y a aussi une clientèle assez pointue, surtout à Hong Kong, à Séoul, à Tokyo, et à Shanghai. Depuis qu’on a lancé Want on a énormément voyagé et on a vu que partout dans le monde il y a un consommateur qui recherche des produits sophistiqués et subtils.
Ce n’est pas une question de marchés nationaux. Nos clients sont souvent des personnes qui voyagent beaucoup, peut être qu’ils habitent en France mais ils prennent l’avion pour deux jours à New York et la semaine d’après ils seront en Asie. On a une vision universelle, on vise une clientèle internationale. On ne regarde par le marché par régions du monde.

Justement, vous avez déjà pensé à ouvrir des boutiques dans les aéroports ?
(Sourires) Nous sommes en train d’y penser… C’est pour bientôt !
Qu’est-ce qui vous inspire pour créer vos produits ?
Les problèmes de la vie quotidienne (Rires). On regarde plutôt notre processus de création d’un point de vue d’un effort pour faciliter la vie des gens.
Par exemple, avant nous avions notre porte monnaie, notre étui iPhone et notre porte carte, maintenant nous avons les trois en un. C’est plutôt une question d’apporter des solutions.
Mais il y a quand même un design…
Oui évidemment. Nos inspirations viennent plutôt du design industriel et des meubles plus que de la mode. On admire beaucoup Dieter Rams le designer de Braun et Jonathan Ive de Apple.
Par exemple on aime beaucoup les chaises, c’est unisexe, c’est intemporel et souvent c’est plus beau après 20 ans. Cela va faire sourire mais la place de la chaise dans une pièce c’est un peu comment on voit la place de nos produits dans le style de quelqu’un. Ce n’est pas le style en tant que tel mais une partie, c’est pour ça qu’on ne fait pas des sacs bling bling.
S’il fallait donner des noms ce serait surtout les modernistes du milieu du siècle dernier qui nous inspire beaucoup, comme Le Corbusier ou Jean Prouvé.

Justement concernant Jean Prouvé, je me suis rappelé de quelques petites caractéristiques de son parcours et vous avez beaucoup de points communs avec lui. L’une des constantes de son œuvre d’architecte et de designer est son obsession pour un seul matériau, l’acier. Un peu comme vous avec le cuir. Parlez-nous de votre cuir.
Avant on utilisait le cuir d’une tannerie Norvégienne fabuleuse qui avait plus de 125 ans d’expérience mais à notre plus grande tristesse elle a fait faillite pendant la crise.
On travaille maintenant avec des Italiens et depuis un an des Français situés à Mazamet (81 – Tarn). Tous les sacs en cuirs sont fabriqués en Italie.
Vous avez déjà fait une collection avec J.Crew et vous avez une collaboration avec Opening Ceremony qui arrive bientôt. Y a-t-il un artiste, toutes disciplines confondues, avec lequel vous aimeriez travailler ?
Le projet de nos rêves c’est de faire quelque chose avec Ralph Lauren, mais il n’a jamais fait de collaboration. Sinon en réalité on a quelque chose qui se prépare avec Kitsuné et la marque suédoise The White Briefs. Sur un plan personnel, on adorerait faire quelque chose avec une société de meubles.
Quelle est votre vision de la ‘mode’ masculine actuelle, on se dirige vers quoi ?
La devise actuelle c’est : moins au lieu de plus. Plus de design et moins de produits. Grâce à des produits qui durent plus longtemps, qui seraient donc de bonne qualité et avec un design intemporel. Les gens ont moins de moyen, ça devient difficile de renouveler sa garde robe chaque saison. Ils préfèrent investir une fois pour toutes sur une pièce et la garder des années.
L’autre changement, qui est en relation avec le premier, c’est le retour de l’artisanat. Les hommes apprécient de pouvoir aller voir la personne qui fabrique leur produit, c’est plus personnel. C’est comme dans l’industrie alimentaire, ils appellent ça le ‘slow food’, les gens préfèrent se déplacer localement dans des petites productions que d’aller au supermarché. Ils veulent de l’authenticité. Dans l’industrie de la mode c’est pareil et on l’appelle la ‘slow fashion’. Ils préfèrent une production plus locale. C’est plus cher mais ça dure plus longtemps.
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Créé en 2006 par les frères jumeaux Dexter et Byron Peart au Canada, Want Les Essentiels de La Vie réunit
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Superbe article pour une superbe marque !
Ravi de mettre un nom sur ces sacs qui m’obsèdent..