London Fashion Week (Printemps-Eté 2013) : Nos préférés
Pour la première fois, Londres organisait une fashion week 100% masculine du 15 au 17 Juin derniers. L’occasion de voir les nouvelles collections pour certains et les débuts d’autres. Malgré trois jours intenses rythmés par plus d’une douzaine de défilés chaque jour, la capitale anglaise a rempli les objectifs mais n’a pas fait rêver. Et la mode c’est fait pour ça.
Christopher Shannon
C’était comme si Christopher Shannon avait trempé à des degrés différents ses vêtements dans une marmite mélangeant des inspirations 70’s, des références aux costumes traditionnels asiatiques, et cette excentricité dans l’utilisation des tissus qui lui est propre. Des pièces sportives, des coupes banales, que Shannon détourne admirablement. Mention spéciale au maquillage (décoration ?) des visages, qui a parfaitement sa place sur un défilé.
E.Tautz
Après une saison hiver 2012/2013 effroyablement ennuyante, Patrick Grant devient plus funky et sporty tout en gardant l’esprit tailleur de Savile Row cher à la maison. E.Tautz sort de sa ‘comfort zone’ avec des pièces plus osées – la cape ou les longues robes chemises – et des couleurs nettement plus voyantes. Les ceintures colorées des pantalons, les coutures fluo à l’intérieur des manteaux, les sweaters imprimés, autant de pièces qui auraient pu être austères mais qui dynamisent subtilement l’ensemble.
James Long
Là où la saison dernière James Long avait négligé les pantalons, s’arrêtant sur des pièces en velours noir, pour mieux faire ressortir son travail sur le haut du corps, cette saison les jambes ont le choix dans la manière de se couvrir. Suivant une tendance qui semble se propager à travers les fashion weeks européennes, James Long montre des shorts amples et plus longs qu’à l’habitude, pourvus de longues bandes qui donnent une impression de jupes. Les chemises, sweaters, blousons, et ses superbes mailles, sont tous très graphiques, comme des parenthèses dans un autre univers. Une nouvelle esthétique est en marche.
Xander Zhou
Une pureté ultime, presque troublante, le créateur chinois avance une interprétation d’une jeunesse naïve avec des références aux boys scouts et aux camps de vacances de randonnées. Le blanc innocent domine, les coupes sont légèrement larges, ‘pour laisser la place aux corps de grandir’ on nous annonce. Le rapport à l’innocence, par la virginité de la collection, est explicite. Les quelques imprimés et couleurs n’arrivent pas à nous remettre les pieds sur terre. On est happé par un mouvement de superbes constructions, toutes en volumes, aux l’aspect monacaux, un tourbillon dans lequel nos sensations et émotions se voient délicatement torturées.
Richard Nicoll
L’étudiant en mode masculine de la Central Saint Martins qui avait préféré se lancer avec des collections pour femme revient aux sources pour faire des vêtements qu’il voudrait pouvoir porter lui-même tous les jours. Une sensation très immaculée et lisse se dégage de ces looks géométriques et très anatomiques. Dans cette perspective la veste en jean, certes réussie, fait tâche dans un escadron de silhouettes qui semble polies à la main. La soie et le cuir dominent un défilé qui se finit trop vite. Belle perspective pour les prochaines saisons.
Rake
L’homme Rake est un amoureux du costume mais en recherche continuelle de risques, de failles dans les règles strictes du ‘tailoring’ anglais pour laisser libre court à ses idées les plus originales. Pour l’été prochain, il aura le choix entre des sarouels qu’il pourra associer à des vestes croisées coupées impeccablement, des grigris qu’il pourra apposer sur sa silhouette ou des chemises longues qu’il pourra enfiler sous cette même veste pour jouer avec les longueurs. Au fond, l’homme Rake on l’aime bien, même si on se dit qu’il a du courage pour sortir comme ça.
Jonathan Saunders
Autant la vue de la file d’attente devant le lieu de la présentation pouvait refroidir, autant à l’intérieur de la bâtisse londonienne on avait envie de danser. Jonathan Saunders a cette capacité de rendre les gens heureux rien qu’avec des vêtements. Malgré une scénographie un peu trop ‘zoo’ –on marchait et observait des mannequins dans leur compartiment – le plus important, les vêtements, étaient au rendez vous. Les fameux pullovers imprimés étaient bien là, les couleurs pop également, mais aussi quelques essais dans le costume traditionnel. Renouveler son esthétique ? Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
Crédits photos : Vogue It et Fashionising.com
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