L’usine Gucci à Casellina : Visite exceptionnelle
Nous avons eu la chance de visiter l’usine Gucci de Casellina, à quelques kilomètres de Florence, où est fabriquée chaque année la maroquinerie de la marque aux deux G.
C’est dans un bâtiment ultra-moderne et gardé que nous pénétrons, Gucci s’y étant installé il y a quarante ans, délaissant l’atelier de Florence trop petit pour assurer le développement impressionnant.
Des centaines d’artisans travaillent ainsi dans cette manufacture, réalisant plus de 50 000 pièces de maroquinerie chaque année et rares sont ceux ayant pu pénétrer et photographier le lieu que nous allons vous présenter.
C’est donc en bons privilégiés que nous parcourons les couloirs du bâtiment, escortés accompagnés au cœur du secret.
Les peaux précieuses et exotiques
Au détour d’un couloir, derrière une porte verrouillée, nous découvrons notre première étape de la mâtinée : la découverte de l’atelier des peaux précieuses.
Une bibliothèque archive ici et mets à disposition des créatifs et artisans des peaux exotiques aussi rares que multiples, dont vous ne verrez ici qu’un bref aperçu.
Alligator, python, galuchat, lézard, autruche… Le bestiaire est large et fourni !
La peau ci-dessus est en réalité cinq fois plus large, il s’agit ni plus ni moins d’un anaconda géant (comme dans le film de série B avec J.Lo)
Ces peaux, utilisées afin de concevoir sacs, bagages et souliers sont réparties en deux catégories : celles qui sont issues d’élevage et celles qui proviennent d’espèces sauvages.
Qu’elles soient de l’une ou de l’autre catégorie, toutes bénéficient d’un soin particulier qui nécessite un travail supplémentaire : lissage, patinage, teinture…
Le résultat est impressionnant : une peau de crocodile retravaillée peut ainsi adopter une texture qui s’approche du néoprène, rappelant la douceur gomme des combinaisons de plongée.
L’entrepôt regorge ainsi de matières plus ou moins rigides ou souples, naturelles ou colorées, fines ou épaisses…
… Qui sont archivées et mises à disposition des artisans.
Les cuirs et toiles sont également et évidemment présentes, que ce soient les peaux de veau, le cuir Guccissima, les immanquables toiles monogrammés…
On retrouve également des liasses de toiles vintage, ainsi que ce cabas pied de poule délicieusement rétro.
Nous poursuivons notre chemin et entrons dans un immense atelier où des artisans s’affairent sur leurs plans de travail éclairés au néon.
Ceux-ci découpent vérifient les peaux, y font si besoin est quelques opérations de dernière minute, et découpent minutieusement celles-ci selon un patronage bien précis.
Pour travailler ces peaux, de nombreuses années de formation sont nécessaire avant de prétendre travailler à Casellina et aucun employé n’a moins de dix ans de métier chez Gucci.
Nous avons beau inspecter les moindres recoins de la pièce mais rien n’y fait : impossible de trouver le moindre robot à l’horizon.
Tout ici respire ainsi le travail fait main, et voir ces gens manipuler scalpels a quelque chose de sensuel, tant la précision des gestes relève du domaine du chirurgical.
Cette machine sert à patiner le cuir de crocodile et à lui donner la souplesse nécessaire. Admirez également ce « bureau » dans un style Crocodile Dundee Chic avec cette chaise de bureau customisée. Swag.
Les prototypes et le bambou
Nous poursuivons la visite avec la salle des prototypes, où sont conçus tous les futurs sacs et accessoires de la marque, ainsi que les commandes spéciales réalisées sur mesure.
Les photos étant strictement interdites, nous ne pouvons que vous montrer cette malle finie, qui nécessite à elle seule 2 employés travaillant dessus pendant un mois.
8 à 10 malles sont fabriquées chaque année, les prix s’échelonnant entre 30 et 240 000 euros. Jennifer Lopez (encore elle) en aurait acheté une qui aurait nécessité 8 crocodiles…
La salle adjacente est celle où sont fabriqués les boucles de ceinture, petites accessoires, boutons, porte-clefs et surtout les anses de sacs en bambou, cultes depuis des décennies.
La racine d’une espèce bien particulière de bambou chinois est ici utilisée. Celle-ci et aucune autre.
Alessio sélectionne des tiges d’un demi-mètre qui sont tout d’abord polies puis courbées grâce à la flamme du chalumeau, ce qui leur donne une couleur dorée.
Celle-ci est ensuite accentuée avec une peinture ambrée, chaque poignée étant vernie et finie avec des rivets en laiton.
Cette matière si chère et exclusive à Gucci nous a donc livré ses secrets et démontre une fois de plus l’aspect artisanal de tous les processus de création de Casellina.
Ce pèlerinage matinal dans l’antre de Gucci prend fin et c’est émerveillés que nous retournons à Florence, pour découvrir le Gucci Museo, que nous vous présentons au prochain épisode !
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Modeste marque de maroquinerie florentine fondée en 1921, Gucci occupe rapidement la scène mode italienne sous l’égide bienveillant de Guccio
Hier se tenait à Milan le défilé Gucci femme automne-hiver 2012, où nous étions conviés. Nous reviendrons en détail là-dessus,














































Beau reportage Mathieu.
AMAZING!!!