Thom Grey vs Thom Browne, le duel

thom grey

Peut-être est-ce la signature tricolore de Thom Browne, similaire à notre propre logo, qui nous a fait tomber en émoi pour les créations du new-yorkais depuis le premier jour ?
Mais, une chose est sûre, si on organisait un concours du plus grand fan de la marque, la rédaction de Materialiste occuperait les premières places !

thom grey

Alors, quand on a entendu la nouvelle que Mr. Browne allait lancer une deuxième ligne, plus accessible, Thom Grey, notre réaction a été légèrement ambivalente. Avantage, ça nous coutera un peu moins cher de s’habiller comme Jay Gatsby. Inconvénient, des prix abordables, c’est presque toujours synonymes de commercialisation extrême, on craignait les hordes de Thom Grey débarquant à Paris.

thom greythom greythom greythom greythom grey

 Collection Printemps-Ete 2013

Et puis, côté design, on voyait mal comment il allait réussir à décliner une identité si particulière, si hors du temps, en quelque chose de plus facilement vendable. Le doute régnait.
Jusqu’à ce qu’on voit les première pièces apparaître sur le site du géant américain, Barney’s. 

thom grey

 ( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

Première constatation, les prix sont toujours très élevés, les cravates Thom Grey vont de 90 à 135$ au lieu des habituels 180$ pour celles signées Thom Browne. Côté design, ces dernières restent quand même un peu plus excitantes, les imprimés sont plus funs, les couleurs plus pétillantes. Côté matières, la différence est dans la manière de tisser la soie, les Thom Browne ont une apparence plus compacte et lisse, alors que les Thom Grey sont plus lâches.

thom grey

( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

Les chemises oxford, vendues 195$ (de 320 à 425$ pour la ligne luxe), semblent moins biens coupées. Les Thom Browne sont de vraies merveilles, embrassant les épaules et le torse impeccablement. Il semblerait qu’il y est plus d’espace au niveau du bas du ventre et aux emmanchures. Les manches sont elles aussi modifiées, ne s’arrêtant plus mi- poignet mais au départ de la main.

thom grey

( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

Idem pour les mailles et les sweaters en coton, la silhouette est plus aérée et les dimensions moins troublantes. Alors que les produits Thom Browne ont la réputation d’être courts, arrivant en haut du bassin, au niveau des pantalons tailles hautes, ceux Thom Grey sont plus ‘normaux’, plus relâchés, plus décontractés. Même chose que les chemises pour les manches.

thom grey

( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

thom grey

( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

Les pantalons, eux, restent taille haute, et serrés au niveau des hanches, mais les Thom Grey sont légèrement plus larges sous les genoux, moins fittés que les Thom Browne, presque skinny de la taille aux chevilles. En ce qui concerne la longueur, les premiers sont à peine plus longs, de quelques centimètres, que les Thom Browne, s’arrêtant au dessus de la cheville.

thom grey

( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

Pour finir, les vestes de costumes, blazers, et manteaux restent sur la même lignée que le reste de la collection. Plus facilement portable, moins courts et étriqués, avec épaules plus arrondies.

thom grey

Ici, la rédaction est déjà tombée amoureuse de la varsity jacket rayée avec grosse inscription dans le dos !
thom grey

 ( A gauche, Thom Browne, à droite, Thom Grey )

Du côté de la marque de fabrique Thom Browne, cette fameuse ‘plaquette’ bleu-blanc-rouge, elle devient trois tons différents de gris, comme le nom de la ligne l’indique.

thom grey

 Preview Thom Browne Printemps-Ete 2013 à Londres

En conclusion, l’essence Thom Browne est toujours là, mais atténuée, rendu plus sécurisante. Peu de gens pouvaient se permettre le costume à la Mad Men, avec ses proportions rétro et sa droiture conservatrice, le new yorkais étend donc avec Thom Grey sa clientèle.

thom grey

Disponible uniquement chez Barney’s à New York et Harrods à Londres, l’invasion Thom Grey ne semble pas pour demain. Et tant mieux !

PARTAGER CET ARTICLE
Julien Neuville

JULIEN NEUVILLE, Rédacteur Style

TwitterBlog

Paris, Materialiste + Business of Fashion.


RÉAGIR